Que se passe-t-il quand la marque la plus attachée au bruit d’un V12 hurlant doit imaginer l’habitacle d’une voiture totalement silencieuse ? C’est tout l’enjeu de la Ferrari Luce, premier modèle 100% électrique de Maranello, dont l’intérieur vient enfin d’être dévoilé après des mois de teasing. Entre volant en bois façon années 1950 et écrans dignes d’un vaisseau spatial, ce cockpit condense à lui seul le pari le plus risqué jamais tenté par le Cheval cabré.
Une GT électrique, héritière du Purosangue
Avant de parler design, un point technique s’impose. La Luce, longtemps surnommée « Elettrica » avant que ce nom définitif ne soit choisi, est une grande GT à quatre portes et quatre places, pensée comme la déclinaison électrique du très réussi Purosangue. Elle embarque quatre moteurs synchrones à aimants permanents, un par roue, dérivés de la technologie de l’hypercar F80, pour une puissance cumulée dépassant les 1 000 chevaux en mode Boost. Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,5 secondes et la vitesse de pointe atteint 310 km/h, des chiffres dignes d’une supercar plutôt que d’une simple berline électrique.
Sous le plancher, une batterie NMC maison de 122 kWh, fabriquée à Maranello, promet une autonomie de plus de 530 km en cycle mixte WLTP, avec une recharge rapide jusqu’à 350 kW permettant de récupérer 80% de la capacité en une vingtaine de minutes. Le tout pèse environ 2 260 kg à vide, à peine 270 kg de plus que le Purosangue thermique malgré la batterie, un tour de force sur lequel Ferrari communique volontiers.
L’intérieur signé par le designer de l’iPhone

C’est justement l’habitacle qui fait le plus parler de lui, et pour cause : Ferrari a confié sa conception au collectif LoveFrom, fondé par Jony Ive, l’ancien directeur du design chez Apple, et Marc Newson, en collaboration avec le centre de style de la marque dirigé par Flavio Manzoni. Le résultat tranche radicalement avec les habitudes du secteur électrique.
Contrairement à Tesla, BYD ou Mercedes, qui misent tout sur de grands écrans tactiles, Ferrari a fait le choix inverse : conserver un maximum de commandes physiques. Jony Ive a lui-même justifié ce parti pris auprès de la presse spécialisée : selon lui, l’idée qu’une voiture électrique doive obligatoirement passer par du tactile est « un non-sens complet », notamment parce que cela oblige le conducteur à quitter la route des yeux.

Le volant, pièce maîtresse du cockpit, s’inspire directement de l’iconique Nardi en bois à trois branches des Ferrari des années 1950-1960, mais reconstruit ici en aluminium 100% recyclé. Il accueille à droite le traditionnel Manettino pour régler les modes de conduite, et à gauche une molette dédiée au fonctionnement du système électrique, testée et validée par les pilotes d’essai de la Scuderia. Derrière, deux grandes palettes permettent d’ajuster le couple moteur et l’intensité de la récupération d’énergie au freinage, une fonction absente sur une Ferrari thermique classique.
Écrans, joystick et une clé qui change de couleur
Le bloc d’instrumentation, monté sur la colonne de direction, se déplace donc avec le volant et intègre deux écrans OLED superposés, dont le graphisme reprend volontairement l’esthétique des compteurs vintage pour privilégier la lisibilité. L’écran central, lui, est monté sur une rotule orientable vers le conducteur ou le passager, et prend appui sur un repose-paume pensé pour manipuler les commandes sans détourner le regard de la route.
Sur la console centrale trône un détail qui a beaucoup fait parler : un mini-levier de vitesses en verre, fabriqué selon un procédé inédit pour garantir sa résistance. Juste à côté, la voiture se démarre grâce à une clé rectangulaire dotée d’un écran à encre électronique (E Ink), une première dans l’automobile, qui change de couleur, du jaune au noir, lorsqu’elle glisse dans son emplacement, déclenchant au passage l’illumination des écrans. À l’arrière, les passagers disposent même de leur propre écran avec commandes physiques pour la climatisation.
Comment se positionne la Luce face à ses rivales premium
| Critère | Ferrari Luce | Porsche Taycan | Lamborghini Lanzador (prévue) |
|---|---|---|---|
| Puissance | +1 000 ch | jusqu’à 952 ch (Turbo GT) | non communiquée |
| Autonomie WLTP | ~530 km | ~600 km | non communiquée |
| Philosophie intérieure | commandes physiques, sobriété | interface digitale multi-écrans | encore inconnue |
| Prix indicatif | ~550 000 € | dès 100 000 € | premium attendu |
Quel profil pour cette Ferrari pas comme les autres
Pour le collectionneur habitué aux V12 et cherchant une pièce de transition historique, la Luce représente un objet culte à conserver, davantage qu’une voiture du quotidien. Pour le conducteur grand tourisme voulant relier Paris à la Côte d’Azur en silence et en confort avec sa famille, ses quatre places et son autonomie en font une alternative crédible aux thermiques. En revanche, pour un usage purement sportif sur circuit, l’absence du son moteur et le poids important de la batterie restent, aux yeux des puristes, un compromis difficile à accepter.
Fiscalité et réglementation à anticiper
En France, une voiture électrique de ce gabarit et de ce prix n’échappe pas totalement à la fiscalité automobile. Si le malus CO2 classique ne s’applique pas aux véhicules zéro émission, le malus au poids, lui, reste théoriquement applicable dès 1 600 kg, sous réserve des exonérations prévues pour les véhicules électriques selon la législation en vigueur au moment de l’achat. Avec près de 2 260 kg à vide, la question mérite d’être vérifiée précisément auprès d’un concessionnaire avant toute commande, tout comme l’éligibilité aux dispositifs d’aide à l’achat, généralement plafonnés bien en dessous du tarif de cette GT d’exception.
La Ferrari Luce illustre une équation délicate : électrifier sans trahir. En misant sur des commandes physiques, un volant hérité des années 1950 et une clé qui s’anime comme un rituel, Maranello refuse le tout-écran pour préserver ce lien tactile entre pilote et machine qui a toujours fait sa réputation. Reste à voir, lors des premiers essais routiers attendus après mai 2026, si cette philosophie tient ses promesses une fois la voiture lancée à pleine vitesse.
Autres questions sur la Ferrari Luce
Quel est le prix de la Ferrari Luce ?
Le prix de la Ferrari Luce est fixé à 550 000 euros en Italie hors options, soit environ 660 000 euros TTC en France avec la TVA. Les premières livraisons de cette berline électrique sont prévues à partir d’octobre 2026, ce qui en fait le modèle le plus cher de la gamme régulière Ferrari.
Qu’est-ce que Ferrari Luce ?
La Ferrari Luce est la première voiture 100 % électrique de la marque, dévoilée le 25 mai 2026 à Rome. Cette berline à quatre portes et cinq places embarque une batterie de 122 kWh intégrée au châssis et un design signé par l’ancien designer de l’iPhone chez Apple.
Quelle est la performance de la Ferrari Luce ?
La Ferrari Luce réalise le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et le 0 à 200 km/h en 6,8 secondes, pour une vitesse maximale supérieure à 310 km/h. Ces performances sont permises par ses quatre moteurs électriques indépendants et une puissance combinée de 1 050 chevaux en mode Launch Control.
| Performance | Valeur |
|---|---|
| 0 à 100 km/h | 2,5 secondes |
| 0 à 200 km/h | 6,8 secondes |
| Vitesse maximale | plus de 310 km/h |
| Autonomie WLTP | environ 530 km |
Quelle est la puissance de la Ferrari Luce 2026 ?
La puissance de la Ferrari Luce atteint 1 050 chevaux (772 kW) en mode Launch Control, répartie entre quatre moteurs électriques indépendants. L’essieu arrière développe environ 843 chevaux tandis que l’essieu avant fournit environ 286 chevaux, pour un couple total de 990 Nm.


